Internet fait de cette génération un véritable laboratoire de tendance. Le style, c’est leur affaire. Côté fringue, les vingtenaires ne laissent rien au hasard. Ici, c’est une jeune fille qui arbore un sac vintage pour donner une touche chic à sa silhouette hippie. Là, un garçon en jean slim, cravate noire et petit blouson de cuir… Dandy rockers ou tecktonik, r’n’b ou babas cool, clubbers ou gothiques, skaters ou nouveaux minets: la liste des tribus, voire sous-tribus, qui caractérisent cette génération, est longue. Une liste dont les nuances sont révélatrices de l’extrême attention qu’elle accorde à cette question, toutes classes sociales confondues, et de sa connaissance très pointue du sujet. Les nouvelles tendances, les dernières marques, les créateurs qui montent: les jeunes savent tout ça sur le bout des doigts. «Aujourd’hui, les gens de 20 ans sont hyper stylés et hyper informés dans ce domaine, confirme PASCAL MONTFORT, qui enseigne la sociologie de la mode à Paris. Les précédentes générations de vingtenaires ne l’étaient pas autant. Ils sont conscients de l’importance de leur image et soucieux d’une certaine forme de sophistication. Et ils n’ont aucun complexe par rapport à la notion de futilité à laquelle on associe traditionnellement la mode. Pour eux, cultiver son style fait partie de la construction sociale de chacun. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient une bonne culture mode pour autant: ils connaissent bien les produits, pas leur histoire ou leur symbolique.»
On compte par centaines les fournées de groupes à guitares et à slims, les Kinks et les Stooges en étendard. Ça suffit maintenant. Alors quand deux olibrius sexysurf nous délivrent des pop songs psyché aux choeurs à la Beach Boys, le monde entier de la hype les dévore jusqu’à l’os. ANDREW VANWYNGARDEN et BEN GOLDWASSER, 25 ans aujourd’hui, se rencontrent à la Wesleyan University dans le Connecticut, et bricolent des performances arty où ils diffusent un passage de la chanson GHOSTBUSTERS en boucle. Puis ils décident de former un vrai groupe, et en s’envoyant des mails, ils signent MGMT, soit «Le MANAGMENT», notre équivalent de «la Direction». Voilà pour la question qui vous brûlait les lèvres au sujet de l’acronyme énigmatique de leur nom de groupe. Lorsqu’ils travaillent sérieusement, ils créent des compos méticuleusement orchestrées aux breaks moelleux, aux chœurs d’orfèvre, en empruntant à tous les répertoires: surf sixties, psyché seventies, pop madchester des nineties, électro two thousand…Columbia les courtise, ils font les malins et donnent une liste de producteurs rêvés: PRINCE, BARACK OBAMA, NIGEL GODRICH et «NOT SHERYL CROW». Bon pour l’image de se montrer espiègle envers les grosses machines ! Puis ils nous offrent l’album «ORACULAR SPECTACULAR», un fourre tout joyeux mais tenu, gracieux et digressif. Le magazine Rolling Stones, par l’odeur alléchée, les classe comme un des 10 groupes à suivre pour 2008... Le buzz est lancé. La chef de produit estime qu’elle n’a pas rencontré d’artiste de cette trempe depuis RADIOHEAD. Leur boîte de com’ à Paris promotionne d’ordinaire les musiques éléctro pointues: ils sont ainsi auréolés d’une image qui fleure bon la hype, et sont en plus estampillés «buzzing en ce moment aux US». Encore plus fort: le buzzing à tiroirs, quand DUFFY, la chanteuse anglaise du moment, elle-même mégabuzz déclare adorer les MGMT… Alors ça se bouscule au portillon à la Maroquinerie où MGMT étoffé de trois musiciens, donne son premier concert parisien. La Maroquinerie. Tel : 01 40 33 35 05 : Site Web : www.lamaroquinerie.fr (écoutez la très bonne programmation musicale en ligne !)
Ces deux mots synthétisent sa ligne directrice ! Désormais confirmé dans le monde de la mode, le créateur GASPAR YURKIEVICH continue ses incursions dans l’univers de l’art contemporain. L’univers se veut sexy avec une pointe de trash chic, très parisien et précurseur dans l’âme. Les collections de GASPAR YURKIEVICH donnent des envies de cocktails de fashion week… La boutique évite les rayonnages conventionnels et préfère un agencement sous forme de modules, qui supportent des mannequins aux poses délicieusement lascives. Les matières jouent sur la brillance des tissus. Gris argenté alterne avec doré irisé et inserts en plumetis côtoient boutons en perles, à la façon de bijoux. Les chaussures tout simplement superbes sont, quant à elles, déjà des incontournables de la saison. Gaspard Yurkievich, c’est au 43 rue Charlot dans le 3ème. Tél. : 01 42 77 55 39. Site web www.gaspardyurkievich.com