Au début des années quatre-vingt dix, PETER DOIG se détourne délibérément du postexpressionnisme abstrait américain et de la peinture figurative pour opérer un retour aux sources, cherchant à recréer une atmosphère, forgée sur l’expérience humaine. Fasciné par les espaces immenses où le rapport de l’homme à la nature est constamment en jeu, PETER DOIG voit la nature comme source d’inspiration et d’authenticité. «À Trinidad, le paysage est omniprésent et très puissant. Moi qui ai grandi au Canada, cela m’a de nouveau frappé. Le défi est de faire de l’art dans cet environnement où l’on est si près des choses qui nous inspirent».
L’artiste peint souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence : canoës vides, maisons de travailleurs saisonniers, silhouettes solitaires devant des brumes flottantes. La description n’est pas prépondérante dans ses oeuvres, évitant un contenu narratif trop présent. Ne peignant jamais en plein air, les paysages représentés sur ses toiles sont issus de multiples sources. Ancré dans les traditions picturales, le travail de PETER DOIG s’inspire aussi de l’environnement visuel présent, de la photographie amateur et professionnelle, du cinéma populaire ou expérimental, de la musique, de la télévision commerciale et de la vidéo amateur.
S’appuyant sur un travail de la matière - jeu de textures, teintes pures et mélangées, effets de solarisation, mises au point vagabondes, ses oeuvres échappent à une lecture univoque. Elles préconisent toujours une distance face au sujet ou à une composition, rendant à la peinture toute sa présence. Dans ses oeuvres, chacun peut reconnaître ses propres sentiments, PETER DOIG utilise son expérience pour penser à toutes les choses qui font partie des expériences des autres. Il laisse chaque incident suffisamment ouvert pour que chaque personne, quel que soit son état émotionnel, puisse se l’approprier ou s’en souvenir.
PETER DOIG, c’est au Musée d’art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 7 septembre au 11 avenue du Président Wilson dans le 16ème. Tel : 01 53 67 40 00
PASCAL PINAUD n’en est pas à son premier commissariat d’exposition. Déjà, en 2003, il conviait JOHN ARMLEDER, BERTRAND LAVIER, MATHIEU MERCIER ou la jeune SANDRINE FLURY à partager les cimaises des galeries Poirel, à Nancy. Puis en 2006, il rappelait à lui ses compatriotes niçois Noël Dolla et Pascal Broccolichi pour une expérience collective initiée par le Conseil général des Alpes-Maritimes. A chaque nouvel accrochage, l’artiste, qui se définit lui-même comme un peintre (identité plastiquement assumée par l’utilisation, depuis 1995, des initiales PPP pour PASCAL PINAUD PEINTRE) aménage des espaces de dialogue entre les générations et les esthétiques, crée des territoires de réflexions communes. Avec pour ligne de force un ancrage solide dans le sud de la France et une inclinaison pour les démarches critiques et référencées, il use de la citation et du détournement historique. L’exposition de la Galerie NATHALIE OBADIA n’échappe pas à la règle, si ce n’est qu’elle se démarque par la construction d’un véritable parcours croisé, dont la structure spatiale et conceptuelle, résolument ouverte, offre de nombreuses pistes de lecture possibles. Confrontées les unes aux autres, les œuvres sélectionnées en font naître de nouvelles, créant des zones fictionnelles à parcourir, des potentialités de paysages ou d’architectures, des conditions originales de visite. Entassés en couche épaisse, les tapis de PASCAL PINAUD transforment la topographie de l’exposition, créant un obstacle psychologique à l’accession physique aux œuvres. L’installation acoustique de PASCAL BROCCOLICHI, elle, confère une densité inhabituelle à l’espace, divisé en territoires sonores, foulés désormais au grès de notre perception ! PPP, c’est à la Galerie NATHALIE OBADIA jusqu’au 12 Juillet au 5 rue des Greniers dans le 18ème. Tel : 01 42 74 67 68. Site Web : www.galerie-obadia.com
Cette exposition pose la question du choix. Les photographies s’interpellent les unes les autres, en poussant le spectateur à remarquer leurs différences. En effet, il faudra choisir entre une femme blanche et des hommes noirs, entre des portraits et des corps, entre des sexes et des visages, entre le voile dévoilé et la pudeur. L’espace photographique est ici un espace pur, immaculé, où des éléments contradictoires ne peuvent coexister. Dès l’entrée dans l’exposition, les portraits se font face : les portraits d’un homme ou d’une femme sur des fonds allant du noir au gris. L’exposition se poursuit et l’accrochage rend très bien compte du système élaboré par ROBERT MAPPLETHORPE. La nudité est le principe même d’une mise en scène virtuose des corps, que ce soit un corps de femme recouvert d’une matière croûteuse ou une femme dans une salle de bain. Les corps ne sont jamais impudiques. Il semble par ROBERT MAPPLETHORPE cherche toujours à éviter la frontalité : il s’empare d’un sujet, si obscène soit-il, afin de le mettre en scène, de lui donner un rôle, un premier rôle. ROBERT MAPPLETHORPE, c’est à la Galerie Thaddaeus Ropac jusqu’au 7 Juin au 7 Rue Debelleyme dans le 3ème. Tel : 01 42 72 99 00. Site Web : www.ropac.net