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I LOVE PARIS

6/4/2008 -

Peter Doig peint à l’Arc !

 



Au début des années quatre-vingt dix, PETER DOIG se détourne délibérément du postexpressionnisme abstrait américain et de la peinture figurative pour opérer un retour aux sources, cherchant à recréer une atmosphère, forgée sur l’expérience humaine. Fasciné par les espaces immenses où le rapport de l’homme à la nature est constamment en jeu, PETER DOIG voit la nature comme source d’inspiration et d’authenticité. «À Trinidad, le paysage est omniprésent et très puissant. Moi qui ai grandi au Canada, cela m’a de nouveau frappé. Le défi est de faire de l’art dans cet environnement où l’on est si près des choses qui nous inspirent».

L’artiste peint souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence : canoës vides, maisons de travailleurs saisonniers, silhouettes solitaires devant des brumes flottantes. La description n’est pas prépondérante dans ses oeuvres, évitant un contenu narratif trop présent. Ne peignant jamais en plein air, les paysages représentés sur ses toiles sont issus de multiples sources. Ancré dans les traditions picturales, le travail de PETER DOIG s’inspire aussi de l’environnement visuel présent, de la photographie amateur et professionnelle, du cinéma populaire ou expérimental, de la musique, de la télévision commerciale et de la vidéo amateur.

S’appuyant sur un travail de la matière - jeu de textures, teintes pures et mélangées, effets de solarisation, mises au point vagabondes, ses oeuvres échappent à une lecture univoque. Elles préconisent toujours une distance face au sujet ou à une composition, rendant à la peinture toute sa présence. Dans ses oeuvres, chacun peut reconnaître ses propres sentiments, PETER DOIG utilise son expérience pour penser à toutes les choses qui font partie des expériences des autres. Il laisse chaque incident suffisamment ouvert pour que chaque personne, quel que soit son état émotionnel, puisse se l’approprier ou s’en souvenir.

PETER DOIG, c’est au Musée d’art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 7 septembre au 11 avenue du Président Wilson dans le 16ème. Tel : 01 53 67 40 00
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6/4/2008 -

Dictionnaire du Design Now !

 



L’univers du design contemporain est en effervescence. L’avidité médiatique pour la nouveauté plutôt que pour le fond brasse design de masse, articles de consommation personnalisables ou objets d’arts en édition limitée. Design Now! s’applique à dissiper ce flou, en mettant en avant les pionniers qui par leur vision à long terme développent significativement la notion de fonction, utilisent les matériaux de façon innovante et/ou repoussent les frontières de l’esthétique.

Passant en revue le travail de 90 designers internationaux, l’ouvrage offre un aperçu de l’incroyable richesse du design contemporain depuis l’éclairage et le mobilier aux équipements électroniques, depuis les transports et l’architecture au design environnemental. Nombre des créateurs mis en lumière dans Design Now! prennent en compte toutes les facettes du design et de son impact sur l’environnement, s’efforçant de trouver des solutions au besoin pressant de pouvoir recycler, réduire et réutiliser les produits. Un must-have pour tous ceux qui s’intéressent au design tout en cherchant la voie d’un futur plus vert.

Quelques exemples des agences et designers représentés : RONAN & ERWAN BOUROULLEC, ECOTRICITY, NAOTO FUKASAWA, ZAHA HADID, INTELLIGENT ENERGY, JONATHAN IVE, LOT-EK, ROSS LOVEGROVE, MARINE CURRENT TURBINES, JASPER MORRISON, MARC NEWSON, POC, PHILIPS DESIGN, SEYMOURPOWELL, TOKUJIN YOSHIOKA …

DESIGN NOW, dans toutes les bonnes librairies
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6/4/2008 -

Is you me ou la rupture !

 



C’est fou comme on aime la rupture ! En art pareillement: la rupture, pourvoyeuse en idées nettes et tranchées, dualistes à souhait. LOUISE LECAVALIER par exemple. Star de la compagnie LA LA LA HUMAN STEPS jusqu’en 1998, ses envols insensés, ses accélérations fulgurantes en firent «la tornade blonde» des chroniques de danse. Alors son solo “I” is memory, chorégraphié par BENOIT LACHAMBRE, programmé en 2006 au théâtre des Abbesses, ne pouvait se lire qu’à travers la grille de la rupture: on y retrouvait LOUISE LECAVALIER dans un corps effondré, dilué sous des vêtements informes, peinant à construire sa verticalité.

L’affaire était entendue: cette pièce conciliait l’eau et le feu. D’un côté BENOIT LACHAMBRE, patient explorateur des marges de l’art chorégraphique, voué à l’improvisation et aux fines techniques de perception du mouvement intérieur. De l’autre LOUISE LECAVALIER, qui semblait donc avoir rompu avec son héritage flamboyant de l’extériorisation virtuose, pour passer dans le camp esthétique d’en face. Le retour de cette paire, une saison plus tard, fait redoubler la curiosité. D’autant que le chorégraphe rejoint cette fois son interprète sur le plateau. Ce duo s’appelle IS YOU ME.

Et tout se complique. Relisons: Is you me? Es-tu moi? «Évidemment non, tu n’es pas moi ! médite le chorégraphe, cette question n’a pas de sens, et pourtant voilà bien une question formidablement intéressante. Est-ce que c’est toi qui me fais danser?». Entre ces deux “cow-boys”, comme s’amuse à le dire Louise Lecavalier, Benoît Lachambre décrit « une rencontre très contradictoire, avec une partenaire d’une infinie douceur en tant que personne, mais dévorée de passion, avec quelque chose du feu. Entre nous, il y a cheminement, actions et réponses, nouveaux positionnements. C’est nerveux. Cela devrait se retrouver dans nos mouvements, avec des connexions de partie de corps de l’un, à partie de corps de l’autre: elle dans le buste, alors moi dans les jambes, elle élastique, alors moi anguleux. Ca ne sera pas lisse. Ça sera tout en contrastes ». On manquerait cette rencontre en mésestimant la dimension chorégraphique des collaborations du musicien HAHN ROWEET du plasticien LAURENT GOLDRING. Dans les vidéos de ce dernier, et leurs lumières, sachons voir pleinement une production d’espaces (pas seulement d’images). Et les sons du premier visiteront des textes écrits par BENOIT LACHAMBRE, dits en anglais et français, saisissant leurs tonalités et accentuations.

IS YOU ME, c’est au théâtre des Abesses au 31 de la Rue des Abbesses dans le 18ème. Tel : 01 48 87 54 42
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